Top 10 des vinyles de mars : des débuts de Christophe au double best-of de Pearl Jam

Chaque mois, « l’Obs » vous propose une sélection des plus belles pépites pressées sur microsillon. Des nouveautés, évidemment, mais également des inédits, des rééditions oubliées, des raretés, des maxis, des 45 tours… Bref, la crème de la crème. La preuve par dix.

Gagnez le best-of de Nouvelle Vague, « This is not a Best Of », en participant à notre jeu-concours en partenariat avec Diggers Factory, en cliquant ICI.

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#1. Nouvelle Vague, ce n’est pas un best-of

Initialement sorti en 2010, en CD (beurk), cette compilation réunit les tubes de Nouvelle Vague pour la première fois sur disque vinyle. On peut désormais faire défiler sur sa platine les reprises des classiques de la new wave orchestrées par le duo français Marc Collin et Olivier Libaux. « Just Can’t Get Enough », le premier succès de Depeche Mode en 1981, délaisse sa tonalité originale pour se perdre dans un dédale de notes jazzy, sous le timbre de Mélanie Pain. La cold wave de Joy Division sur le tube « Love Will Tear Us Apart » devient une ballade bossa-nova du tonnerre quand « Too Drunk to Fuck », des furieux Dead Kennedys, est une berceuse post-punk, loin du son hardcore original. Au total, 15 titres à redécouvrir en microsillon.

(DIGGERS FACTORY)
(DIGGERS FACTORY)

Nouvelle Vague, « This is not a Best Of »

#2. Jawhar, folk sombre tunisienne

Tasweerah veut dire en tunisien « portrait », « image ». Mais également « projection de l’esprit ». Sorte de fil d’Ariane de ce quatrième album studio du chanteur tunisien Jawhar. Arrivé en France en 1996 pour ses études, il commence à y écrire des chansons dans sa langue natale pour ne plus jamais s’arrêter. Et c’est tant mieux. En ouverture de ce chapitre sombre, « Malguit », une musique folk inébriante, pleine de rondeur et de dilection, que nous avions eu la chance de découvrir en exclusivité lors d’un téléconcert intimiste tourné dans le jardin de sa maison du Hainaut (Belgique) en avril 2020.

Téléconcert : le Tunisien Jawhar offre son titre inédit « Malguit » à contre-jour dans la campagne belge

Suivent onze autres titres bruts et sans artifice, oscillant entre ballade rock et mélodies dream pop à la Nick Drake. Des musiques qui questionnent au plus profond de l’âme ce fils d’une professeure de littérature arabe et d’un père directeur du Centre d’art dramatique de Tunis devenu diplomate et politicien culturel. Jawhar y médite sur sa place dans la société mondiale, portée par un imaginaire au confluent des six continents. Un album qui fait date, une nouvelle fois.

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(62TV / PIAS)
(62TV / PIAS)

Jawhar, « Tasweerah », 18 mars 2022

Pour souffler après le télétravail, « l’Obs » vous offre des téléconcerts gratuits

#3. Black Live, musiques antiracistes

Lutter contre le racisme à travers la musique. Voilà le leitmotiv des 25 artistes américains, africains et caribéens réunis sur ce disque. Cette sélection conçue par Stefany Calembert, avec des morceaux originaux et spécialement enregistrés pour l’occasion, démontre à quel point cette lutte traverse les générations et anime les peuples depuis des décennies. Et peu importe le nombre des années ! Les plus jeunes n’ont guère plus de vingt ans, à l’instar du saxophoniste Immanuel Wilkins qui vient de sortir « Omega » en 2020 sur Blue Note Records. Le vétéran Cheick Tidiane Seck, compositeur, arrangeur et musicien, qui a écrit et joué pour Fela Kuti, Salif Keita, Youssou N‘Dour, Manu Dibango ou Dee Dee Bridgewater, va bientôt fêter, lui, ses quatre-vingts printemps. Figurent aussi sur cet album Sonny Troupé, Jacques Schwarz-Bart, David & Marque Gilmore, Reggie Washington ou encore DJ Grazzhoppa. Tous réunis pour plaider la belle cause de l’unité entre les hommes.

(JAMMIN’ COLORS / L’AUTRE DISTRIBUTION)
(JAMMIN’ COLORS / L’AUTRE DISTRIBUTION)

V/A, « Black Lives – from Generation to Generation », 25 mars 2022

#4. Ecko Bazz, rap ougandais

La musique ougandaise, ce sont les mélodies et rythmes ancestraux du baganda, lugbara, bigwala ou haka mukiga, avec, en fil conducteur, le son de l’endogo, la lyre traditionnelle du peuple Ganda, devenu instrument national. Mais elle a su aussi se tourner vers la modernité. Et Ecko Bazz en est le meilleur exemple. Ce rappeur et MC, dans ce premier album « Mmaso », mélange le grime britannique, le dancehall jamaïcain et le hip-hop américain pour propulser dans sa langue natale luganda une vision politisée de son pays gangrené par la violence, la pauvreté des bidonvilles et le trafic de drogues. Sous l’égide des productions de Debmaster (collaborateur de MC Yallah), de Slikback, du Japonais DJ Die Soon et de l’inimitable DJ Scotch Rolex, il poursuit cette ligne mais l’emmène dans une ère nouvelle avec ce rap « made in Ouganda ».

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(NYEGE NYEGE / MODULOR)
(NYEGE NYEGE / MODULOR)

Ecko Bazzs, « Mmaso », 18 mars 2022

#5. Pearl Jam, double best-of

Pearl Jam est sans nul doute l’un des plus emblématiques et prolifiques groupes de Seattle. Avec son grunge puissant, il a su conquérir le cœur des adolescents par les grognements d’Eddie Vedder, les solos furieux de Mike McCready et Stone Gossard, la basse percutante de Jeff Ament ou la mesure déprédatrice du métronome Matt Cameron. Sur ces « Greatest Hits », en deux volumes et en microsillon, tous les tubes du groupe sont réunis sur la période 1991-2003, des disques « Ten » à « Riot Act », avec les hits « Jeremy », « Black », « Alive » ou « Given To Fly ». Avec en bonus, quelques inédits tirés des divers « Singles » et autres bandes originales. Ainsi « State Of Love & Trust », « Breath » ou l’excellent « Yellow Ledbetter ». A découvrir dans un double volume. Et à écouter très fort !

(SONY)
(SONY)

Pearl Jam, « Rearviewmirror Vol.1 et Vol.2 »

En hommage à Christophe, Laurie Darmon chante le titre qu’elle lui avait écrit : « Océan d’amour »

#6. Christophe, coffret ultime

Deux ans après le décès soudain de Christophe, le 16 avril 2020, les musiques de l’artiste français continuent d’être éditées. Après moult sorties, c’est au tour de BMG de sortir l’ensemble de ses débuts chez Les Disques Motors, label fondé en 1971 par Francis Dreyfus, dans un coffret gargantuesque. Tous les plus grands titres de l’artiste sont repressés en versions originales, en vinyles 180 grammes. On y retrouve tous les chapitres studios de l’oiseau de nuit pressés sur cette maison de disque emblématique. D’« Aline » en 1965 aux « Paradis perdus » et « Les Mots bleus » de 1974, en passant par « Le Beau Bizarre » (1978) ou encore « Les Paradis retrouvés » (2013). Onze disques, réédités à l’identique, dans un coffret sublimé par l’expert Karim Thiam, responsable du catalogue chez BMG.

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(BMG)
(BMG)

Christophe, « L’intégrale », 18 mars 2022

#7. Son House, dieu du blues

Le père du Delta du blues est de retour grâce au travail de Dan Auerbach. Le guitariste et le chanteur des Black Keys, via son label indépendant Easy Eye Sound, a réussi à convaincre Dick Waterman, manager et bras droit du bluesman, d’exhumer ses pépites et inédits. Ce « Forever On My Mind » est le premier des disques issus des bandes magnétiques originales quarter-inch tout juste sorties des cartons poussiéreux. Ici, le légendaire guitariste du Mississippi, mort le 19 octobre 1988 à l’âge de 86 ans, ressuscite, par le claquement de sa guitare National métallique avec résonateur, l’instrument de ses tout premiers enregistrements.

Les musiques sont dépouillées et sincères et datent du début des années 1960. Elles viennent d’une époque où Son House vivait dans l’oubli et la précarité la plus totale. Elles ont pu exister grâce à Alan Wilson, guitariste et chanteur de Canned Heat, qui aida le sexagénaire à se souvenir de son vieux répertoire et à le dépoussiérer. Ces enregistrements n’avaient jamais été rendus publics et l’on découvre aujourd’hui à quel point le phoenix du blues avait réussi à renaître de ses cendres, malgré ses démons.

(EASY EYE SOUND)
(EASY EYE SOUND)

Son House, « Forever On My Mind », 18 mars 2022

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#8. Romy Schneider, merveilleuses BOF

Universal Music France vient compléter sa collection « Écoutez le cinéma ! » avec ce disque thématique réalisé par Stéphane Lerouge autour des bandes originales des films emblématiques de la déesse Romy Schneider. Evidemment, on y retrouvera son chef-d’œuvre chanté en duo avec Michel Piccoli « La Chanson d’Hélène », composé par Philippe Sarde pour « Les Choses de la vie ». Mais aussi la lettre qu’elle lit dans l’autre film de Claude Sautet, trois ans plus tard en 1972, pour le film « César et Rosalie » en compagnie d’Yves Montand. Cet album rend enfin hommage à cette comédienne incandescente disparue il y a quarante ans, le 29 mai 1982. L’actrice s’y révèle grâce aux partitions des compositeurs inspirés par sa lumière, comme Michel Legrand (« La Piscine ») ou Georges Delerue (« L’Important, c’est d’aimer », « La Passante du sans-souci ») mais aussi François de Roubaix (« Le Vieux fusil ») ou bien Antoine Duhamel (« La Mort en direct »).

(UNIVERSAL MUSIC FRANCE)
(UNIVERSAL MUSIC FRANCE)

Romy Schneider, « Musiques de films 1968-82 », 4 mars 2022

Le blues du désert de Tinariwen sur « Wartilla »

#9. Tinariwen, les débuts du blues sableux

Tinariwen sont des Touaregs. Descendants d’une tribu berbère nomade qui a parcouru le désert du Sahara pendant des milliers d’années, ils ont réussi à s’imposer dans l’industrie musicale dès le départ de leur carrière, et à entrer dans la lumière.

Et l’on comprend pourquoi en écoutant leur premier disque, « The Radio Tisdas Sessions », sorti en 2002 sur le label World Village d’Harmonia Mundi. À l’occasion de son vingtième anniversaire, l’album est repressé pour la troisième fois, cette fois en édition vinyle blanc. De quoi (re) découvrir ces dix titres enregistrés lors d’émissions pour la station communautaire touareg « Radio Tisdas » de Kidal au Mali. L’ensemble est produit par le Britannique Justin Adams et le groupe français Lo’jo.

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La même magie opère avec « Amassakoul », deuxième du nom Tinariwen aux confins du rock sorti le 12 octobre 2004 aussi chez World Village. Cet enregistrement fait au studio Bogolan à Bamako est celui de la consécration pour le groupe. Il a en effet pu le défendre lors d’une tournée internationale en Europe et aux États-Unis, et permettre au monde entier de découvrir la musique actuelle touareg. Il est désormais repressé avec un disque couleur indigo, en version remastérisée, avec de nouvelles notes de pochette et des photos inédites.

(WEDGE / WRAP)
(WEDGE / WRAP)

Tinariwen, « The Radio Tisdas Sessions » et « Amassakoul », 25 mars 2022 (Wedge/Warp)

Réécoutez notre Obs Session exclusive :

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#10. Magic Source, groove disco réinventé

Le quatuor all-star imaginé autour du producteur Björn Wagner (Bacao Rhythm & Steel Band, The Mighty Mocambos) déboule encore dans les bacs avec Magic Source. Sur ce maxi 33 tours, enregistré sur une bande analogique 16 pistes avec du matériel vintage bon marché, le groupe propose en face A son « Riviera Drive ». Un groove disco méditerranéen basé sur des percussions hypnotiques, des thèmes de cor émouvants, et le soutien de claviers extatiques. De l’autre côté, en face B, le tube « Genius Of Love » de Tom Tom Club, samplé par Grandmaster Flash and the Furious Five’s sur « It’s Nasty » in 1982, et évidemment par Mariah Carey sur son « Fantasy » en 1995, se réinvente grâce au souffle d’une flûte en écho. Dingue.

(FAVORITE RECORDINGS)
(FAVORITE RECORDINGS)

Magic Source, « Riviera Drive/Genius Of Love »

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#BONUS. Africa Negra, l’âme de Sao Tomé-et-Principe

Bongo Joe poursuit sa collaboration avec le curateur DJ Tom B en rééditant une anthologie d’África Negra. Ce groupe mythique a été créé au début des années 1970 par Horacio, boucher de profession, et son ami guitariste, Emidio Pontes. En quelques années, il est devenu la plus connue des formations de Sao Tomé-et-Principe, l’un des plus petits pays d’Afrique situé dans le golfe de Guinée. Ce premier volume comprend 12 de leurs titres phares, remastérisés, dont « 12 de Julho », jour de fête nationale qui commémore l’indépendance vis-à-vis du colonisateur portugais, le 12 juillet 1975. Ce disque s’accompagne d’un livret agrémenté des pochettes originales et des interviews des membres du groupe. En attendant, très prochainement, un deuxième volume ne contenant que des inédits numérisés depuis les bandes studio par leur tourneur, et rempli de photos d’époque.

(LES DISQUES BONGO JOE / L’AUTRE DISTRIBUTION)
(LES DISQUES BONGO JOE / L’AUTRE DISTRIBUTION)

Africa Negra, « Antologia Vol.1 », 1er avril 2022

The Good Ones chante « Will You Be My Protector? » depuis le Rwanda dans un téléconcert exclusif

Ziad Rahbani, plume libanaise

Après la réédition, l’an dernier, de l’album culte de Ziad Rahbani, « Bennesbeh Labokra… Chou ? » sorti en 1979 et repéré par « l’Obs », le label WeWantSounds continue d’exhumer les trésors du compositeur et musicien libanais. Désormais, c’est au tour d’« Houdou Nisbi » publié chez Relax-in en 1991 sur cassette et CD uniquement, mais enregistré en 1984 au studio By-Pass de Rahbani, de vivre une seconde jeunesse. Un disque qui entremêle musique arabe, funk, jazz et boogie avec un soupçon d’influences brésiliennes pour presser la quintessence du groove oriental de Ziad Rahbani. Supervisé par le DJ et journaliste libanais Ernesto Chahoud, il est disponible en vinyle avec le design original, remastérisé par Colorsound Studio et un insert de 2 pages comprenant les notes de pochette de Chahoud en anglais/français.

(WEWANTSOUNDS)
(WEWANTSOUNDS)

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Ziad Rahbany, « Houdou Nisbi »

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Vento Sur, fusion argentine

« Viento Sur ». Comprenez : « Le vent du sud ». Ce vent qui prend sa force en Terre de feu, remonte le long des rives rocheuses du Río Grande, et s’éclate contre les falaises de la mythique cordillère des Andes et de la sierra de Córdoba. Un mélange syncrétique de paysages, d’ethnies, de cultures et de valeurs qui ont fait muter toute la musique du pays latin et que l’on retrouve dans cette compilation signée Melopea Discos, label installé depuis plus de trente ans à Buenos Aires. Les orpailleurs, DJ et collectionneurs Bárbara Salazar et Alejandro Cohen ont soigneusement réuni sur ce même disque 11 morceaux de synth pop, de folk expérimental et d’ambiance pour comprendre toute la richesse de la musique argentine, entre expérimental et fusion. La plupart de ces chansons, remastérisées, sont rééditées pour la première fois, et beaucoup d’entre elles n’étaient auparavant pas disponibles sur vinyle. Cet album disque comprend un encart de 4 pages avec des notes et des photos.

(MELOPEA DISCOS / VAMPISOUL)
(MELOPEA DISCOS / VAMPISOUL)

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Top 10 des vinyles de mars : des débuts de Christophe au double best-of de Pearl Jam

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