The Notorious B.I.G. honoré du titre de « roi de New York »

Avant son passage au festival Beauregard, le 8 juillet, revenons à l’époque Why Me? Why Not de Liam Gallagher. Interview

Enregistré entre Los Angeles et Londres (notamment à Abbey Road pour les cordes), Why Me ? Why Not est dans la même veine que son prédécesseur As You Were : du pur rock british variant les tempos et les humeurs et sans aucune volonté de coller à l’air du temps. Tant mieux, Liam Gallagher ne se trahit pas et s’avère fidèle à lui-même. Tout comme durant cet entretien. La veille, il annulait toute sa promotion parisienne (on le soupçonne d’avoir voulu profiter des charmes de la capitale) pour finalement accepter de rester le lendemain afin d’assurer les interviews. Ce qu’il fera avec bonne grâce. Après tout, il a de l’actu à revendre : l’album, certes, mais aussi les documentaires Supersonic, sur l’épopée Oasis, récemment diffusé sur Arte, et As It Was, uniquement consacré à, Liam, sorti avant l’été dans quelques salles britanniques. Évidemment, la langue de bois est proscrite. Du « fookin’ » à chaque réplique, des traits d’humour parfaitement cynique mais aussi de l’émotion. Avec l’âge, Liam deviendrait-il sentimental ?

Tout d’abord, pourquoi ce titre, Why Me ? Why Not ?

Liam Gallagher : Il est positif, court et direct. As You Were l’était aussi. Et les titres d’albums de John Lennon. Et sur un T-shirt, ça claque. Mais ça a du sens. Pas comme ce genre de groupe qui s’appelle 1975. Sérieux, les gars ? Why Me ? Why Not, c’est un titre aussi évident, aussi fluide que l’enregistrement de cet album. Avec Greg et Andrew, on a un sacré potentiel. On sait que c’est de la vie qu’il faut s’inspirer, pas de conneries cosmiques ou de trips intérieurs dont tout le monde se fout.

Dans le titre éponyme, vous chantez : « I’m a Jedi ». Pour de vrai ?

Liam Gallagher : Oui, je suis un combattant. Dans ma vie, il y a eu des mauvaises périodes, j’ai fait des erreurs de débutant, puis des erreurs tout court, des déceptions et des grosses colères. Mais je ne me suis jamais dit : je vais sauter par cette putain de fenêtre. Du coup, aujourd’hui, je suis là. Et, contrairement à ce que les gens pensent, je suis un homme heureux à 99%. J’aime la musique, ma nana, mes enfants, ma mère, j’aime la vie.

« Je ne me considère pas comme un songwriter. Je ne suis pas Paul Weller ! »

C’est ce que l’on peut constater dans As It Was – c’était important pour vous, de faire ce documentaire ?

Liam Gallagher : Ce n’était pas mon idée, mais celle de Charlie Lightening et Gavin Fitzgerald, les réalisateurs. En plus, j’avais vu Supersonic et je doutais de l’intérêt à en rajouter une couche. OK, je l’ouvre souvent sur plein de sujets mais en quoi ma vie mérite-t-elle un documentaire entier ? Les gens n’en savent-ils pas assez sur moi ? Et puis on m’a convaincu que la réussite d’As You Were était intéressante à raconter. Il y a ma famille, mes proches… C’est sympa, mais je ne me lève pas le matin en me félicitant d’être le sujet d’un film.

Cependant, il montre au public une facette de vous plus vulnérable, moins vindicative. On pourrait même aller jusqu’à parler de, hum, maturité ?

Liam Gallagher : Ah ah. Le pire, c’est que c’est vrai. Arrive un moment où il faut être un peu adulte. Juste un peu ! Le succès de As You Were m’a fait beaucoup de bien. 100.000 exemplaires vendus la première semaine, je ne m’y attendais pas. Après la réception moyenne de Beady Eye, je n’étais pas sûr de mon coup. Et puis l’industrie musicale avait tellement changé depuis mes débuts ! Mais j’avais fait une pause, je m’étais éloigné de tout ça quelques mois et je suis revenu comme rafraîchi.

Dans le morceau « Be Still », vous parlez de votre mère : « My mama said/ Keep moving on / Though you’re down you’re gonna rise again ». C’est ce qu’elle vous dit en réalité ?

Liam Gallagher : Ouais. Ma mère, c’est ma fan numéro 1 depuis ma naissance. Elle m’a toujours soutenu, encouragé malgré mes conneries. Son regard sur moi ne m’a pas empêché de trop boire, de trop fumer, de faire n’importe quoi, mais il m’a apporté l’amour dont j’avais besoin.

À propos d’amour, vous chantez aussi votre amour pour votre fiancée, Debbie Gwyther…

L.G : Grâce à elle, la vie est devenue un endroit où il fait bon vivre. Debbie est belle et très forte. Elle m’écoute beaucoup, mais je l’écoute encore plus. Elle sait les conneries que je ne dois surtout pas faire.

« Sur scène, j’ai des bons et des mauvais jours… »

Ce n’est pas à elle que s’adresse le morceau « Now I’ve Found You », où vous demandez à la personne que vous aimez de ne surtout pas vous quitter ?

L.G : À ma fille Molly (21 ans, qu’il a eu avec Lisa Moorish, ndlr). Je ne l’avais jamais rencontrée avant l’année dernière, et maintenant, on se voit tout le temps. Je ne veux pas perdre cette relation qui est très précieuse.

Autant que la musique que vous écrivez et que vous chantez ?

L.G : Exactement. Je suis toujours super excité quand je sors un album, quand je commence une tournée. Chanter mes morceaux préférés. S’il y en a une que j’aime beaucoup sur Why Me ? Why Not, c’est « Once ». Une putain de ballade, non ? La musique, c’est mon oxygène, et j’ai autant aimé être dans Oasis qu’être en solo. Mais attention : je ne me considère pas comme un songwriter. Je ne suis pas Paul Weller ! J’écris un peu avec Greg et Andrew, mais je reste avant tout chanteur. Dans As It Was, on me voit plaquer quelques accords à la guitare et imaginer deux phrases dessus… mais ça ne va pas plus loin. Si je n’avais pas écrit une seule ligne de mon album, ça ne me ferait ni chaud ni froid. Mon vrai talent réside dans l’expression. La performance. La voix.

Qui ne bouge pas d’un iota !

L.G : J’en suis plutôt fier, j’avoue. Pourtant, je bois, je fume encore un peu. Pas en studio, quand même. C’est là où je suis le meilleur. Sur scène, j’ai des bons et des mauvais jours…

La dernière fois que l’on s’est vus, vous aviez raconté votre dernier cauchemar : jouer dans les High Flyin’ Birds de Noel. Ca vous arrive encore, ce genre de mauvais rêves ?

L.G : Non, heureusement !

Même en chantant un titre comme « One of Us », et sachant que cela fait dix ans qu’Oasis a splitté…?

L.G : Ouais. Ca a été la décision de Noel, une vraie bonne décision de merde. « One of Us » n’est pas qu’à propos de lui, aussi à propos des amis du passé… Ouais, j’avoue, c’est une chanson émouvante. Y’a de l’amour dedans, c’est sûr. Mais je ne suis pas désespéré, je ne me fous pas sur mes putains de genoux pour le supplier. C’est lui qui a été assez stupide pour faire exploser le meilleur groupe du monde. Pas moi.

D’après vous, pourquoi Oasis reste aussi mythique, dix ans après sa disparition ?

L.G : La musique était bonne, les musiciens aussi, on pouvait compter les uns sur les autres. Et puis il y avait notre attitude, la manière dont on parlait, dont on n’avait rien à foutre de tout. Notre look était également super important ! Les Clarks, les parkas, les jeans larges… 

Interview à retrouver dans son intégralité dans notre numéro 118, disponible à la fin du mois. 

Propos recueillis par Sophie Rosemont 

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